Marcher en hiver.

Lorsque l’on est en juin on ne se rappelle plus les morsures de l’hiver. On oublie l’onglée qui te brule le bout des doigts pendant 2 à 3 km au début de la marche malgré les gants. La raideur dans les muscles qui ont du mal à s’échauffer. Marcher l’hiver est pourtant vivifiant. Il faut un peu se violer pour sortir du lit et se préparer.  En ce mois de février je me fais violence. J’enfile mes chaussettes de contention,  un legging de sport, un tee-shirt , une polaire. Par-dessus le tout je mets mon ensemble de sudation. Cela a l’avantage de me garder au chaud le temps de la marche, mais avec l’inconvénient d’être trempée à l’arrivée.  J’ai acheté de nouvelles chaussures de marche étanche. Ce sont des Speed Cross 5GTX. Sont-elles bien étanches. Je vais m’en apercevoir en traversant des sentiers détrempés. Avant j’utilisais des brooks légères bien adapté pour les voies vertes beaucoup moins sur les chemins escarpés, surtout l’hiver. Je me mets en mode marche nordique, pas de sac à dos. Je décide de ne pas marcher trop longtemps juste 10 km. C’est ce que je pense. Sauf si je suis en forme.

Arrivé à Poigny la foret, à l’étang du Roy, sur le tableau de bord de la voiture la température extérieure affichée est de -3 degrés. Il n’est pas trop tôt 8h50. Il va faire beau avec des températures au-dessus de zéro si tout va bien. J’aurais pu me lever un peu plus tôt.

Avant de partir J’ai préparé mon chemin sur mon appli de randonnée. Ce jour-là j’ai opté pour des chemins a moitié conçus pour tout le monde, les fameuseS voies vertes et pour l’autre moitié des GR et des sentiers avec de beaux dénivelés. Je regarde l’étang. Tout est gelé. Je trouve que la nature parée de son manteau de gel à un charme fou. Je suis tout seul dans cette petite immensité. J’aime être seul lorsque je marche. Je suis un peu solitaire. Pendant la marche je me refais le monde, pourtant si tu veux marcher vite il faut se concentrer. La musique dans mes écouteurs me donne le tempo. Comme prévu, j’ai l’onglée des les premiers kms. Ce matin-là, ça pique. J’ai la goutte au nez. Le premier segment qui m’emmène au Carrefour de Pecqueuse me sert d’échauffement. Cette sorte de voie verte est bitumé mais elle a l’avantage d’être en pente. Pour l’échauffement rien tel. Ca dérouille les mollets.

J’essaye de faire le bon geste de la marche Nordique, mais j’aime aller vite et le geste se perd un peu avec la vitesse. A 6km/h mon geste n’est pas mal. Du moins je le pense. A 7,5 km/h je suis moins sûr d’être au top, surtout dans les Gr. Les GR ne permettent pas toujours d’être rapide. Mais c’est mon truc d’aller vite.  Je me sens bien lorsque mon pas est sûr et mon déroulé agréable. L’état dans lequel je me trouve à ce moment-là est indescriptible. J’entre dans une sorte de spiritualité solitaire. Pourtant si la première partie du parcours ne présente pas de difficultés particulières, la deuxième est moins facile. Le terrain est détrempé. 

De grandes crevasses creusées par les roues des engins forestiers sont gorgées d eau. Ma marche ressemble plus à du funambulisme qu’à de la marche nordique. 3km plus loin je me sors de ce guêpier. On ne voit plus le jaune fluo de mes chaussures mais j ai les pieds au sec. Je suis super heureux d avoir passé ces ornières rapidement. Il ne me reste plus que deux sentiers  difficiles bien pentus à affronter. Après je rentrerais. Lors de la dernière descente j’ai des ailes. Mais je suis vite rappelé à l’ordre. Je me tords la cheville gauche. Les noms d’oiseau fusent. Putain ça fait mal. Je repars doucement et par magie la douleur s’en va. 

Je reprends ma marche de plus belle. Je remonte la route de l’étang de Guiperreux en direction du carrefour de Pecqueuse. C’est une route bitumée pratique pour marcher très vite, mais moins sympa qu’un chemin. Mais le paysage de la foret en hiver est magnifique. Etant en forme je pousse un peu sur la route de la loge posée pour reprendre un chemin bien boueux. Au bout de 400m changement de terrain le chemin devient sableux et très meuble. J’y suis rentré trop vite sans trop faire attention et la catastrophe est arrivée. Je me fais une belle entorse. Je rentrerais beaucoup moins vite jusqu’à l’étang du roi.

Marcher c’est fantastique, mais il faut faire attention, les accidents arrivent plus souvent qu’on ne le pense.

 

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